Classements exotiques

Dans les boutiques de disques, le classement est un peu particulier.

Par sexe tout d’abord.
Pourquoi pas…
J’imagine que les Beatles vont chez les garçons et les Supremes chez les filles. Par contre où va Abba ? Et Il était une fois (si d’aventure ça se vend en Thaïlande, ce qui ne serait pas aberrant) ?

Classement par le sexe

Une fois identifié le sexe du groupe, le classement se fait ensuite par ordre alphabétique, comme de juste.
Sauf qu’ici, une petite mécanique intellectuelle est nécessaire, car il s’agit de l’ordre alphabétique des prénoms et non des noms. Non de nom !

Classement par les prénoms

Je ne commenterai pas la présence du seul artiste français du rayon, Richard Clayderman…

Les derniers cartons

Ce jour est à marquer d’une grande croix puisqu’il a vu, avec l’installation d’une bibliothèque, la disparition des ultimes cartons de déménagement remplis de livres (qui avaient d’ailleurs suscité la réprobation courroucée des déménageurs)…

Attention ! Une image subliminale se cache dans l’animation ci-dessous…

Bibliotheque

 

Delphine va au travail

Après avoir tenté pendant quelques semaines d’aller au bureau via un mode mixte mototaxi et BTS (qui feront tous deux l’objet de commentaires approfondis un de ces jours), Delph a décidé de varier les plaisirs en empruntant désormais le bateau. Un petit goût de Venise tous les matins pour 14 baths (environ 33 centimes d’euro).

Je l’accompagne donc désormais le matin jusqu’au port le plus proche, à trois minutes en scooter de la maison, sur le khlong (canal) Saen Saep. Elle met ensuite, quand tout va bien, une vingtaine de minutes pour rejoindre son bureau.

Tout va bien dans le meilleur des mondes. Une gondole pour aller travailler, que demander de plus ? Je vous laisse juge après avoir regardé cette petite série photographique.

L'attente

Le khlong, c’est un canal au sens propre. Mais c’est également une sorte d’égoût à ciel ouvert, à l’odeur putride prononcée, dont l’eau noirâtre et épaisse n’incite guère à la baignade.

Néanmoins, les élégantes n’en ont que faire.

Un bateau passe

Un bateau passe, mais il est déjà trop chargé : il ne s’arrêtera pas pour vous.

Les contrôleurs de billets vont et viennent, en équilibre sur le pont,  couverts des pieds à la tête pour éviter que les projections d’eau ne souillent leur peau.

L'approche

Un dispositif ingénieux de bâche plastique escamotable actionnée par des tirettes protège les passagers des embruns.

Un autre bateau arrive aussitôt, tout aussi chargé, mais une passagère en descend, libérant ainsi une place. Il faut monter !

L'escalade

Alors que les remous font tanguer le bateau, il ne faut pas hésiter, prendre son élan, poser le pied là où l’on peut, ne pas laisser choir casque ou sac ni oublier de s’accrocher solidement au bastingage au moment où les ronflements du moteur annoncent que le bateau déjà repart alors que vous êtes encore en équilibre au-dessus du Styx.

L'éloignement

Si tout va bien, alors que le bateau s’éloigne, vous aurez trouvé votre place, probablement debout mais protégé de l’eau par les compagnons de voyage qui vous entourent, la brise matinale rafraîchissant votre visage, un avenir radieux s’offrant à vous.

La vie sur un bambou

Echafaudage de bambouL’ouvrier grimpe lestement sur l’échafaudage à haut potentiel écologique fait de bambous et de cordes qui enveloppe au plus près de leurs lignes les constructions et bâtiments en réfection aux géométries parfois biscornues, le plus souvent pieds nus, s’assure de temps en temps de la solidité de l’ensemble en secouant la structure, passe d’un étage à l’autre comme il monterait à la corde lisse puis se met à peindre d’une main, tenant le pot de l’autre et se maintenant vaguement du genou à dix ou quinze mètres de hauteur tout en échangeant avec ses collègues plaisanteries et considérations amusées sur le passant qui les photographie.

Introduction

Bangkok, le 9 septembre 2013

Nous sommes arrivés à Bangkok il y a près d’un mois. Un mois, c’était le temps d’attente nécessaire avant de commencer l’écriture de ce blog. Le commencer plus tôt, c’était risquer d’écrire sous le coup de l’énervement, dans une période difficile faite de changements parfois violents et de renoncements souvent douloureux, les yeux encore tout éblouis de lumière trop crue et s’acclimatant doucement à la ville. Reporter son ouverture à plus tard, c’était par contre perdre à coup sûr fraîcheur et spontanéité, en étant déjà trop acclimaté pour remarquer encore certaines étrangetés locales. Et puis il y a les futurs lecteurs, qui pour certains se languissent…

Voilà donc le lancement de « La vie comme à Bangkok », récit que j’espère léger et amusant, pourquoi pas drôle à condition d’être un peu cruel, de nos jours tranquilles dans la Ville des anges.